Restitution action éducative "Devoir de mémoire : Shoah" le 28 mai 2014

Publié le par Véronique Mahé

Le 28 mai, journée de restitution pour les jeunes ligérients ayant participé à l'action éducative "Devoir de mémoire : la Shoah" cette année. Dernière étape d'un travail de réflexion en partenariat avec le Mémorial de la Shoah et les archives départementales avec pour certain(e)s un voyage à Auschwitz en février dernier. Cette journée fut, comme les années précédentes, très riche au vu des projets présentés et très émouvante.Ci-dessous, mon discours d'ouverture :

"Bonjour à toutes et tous, Je suis particulièrement heureuse d’être parmi vous aujourd’hui pour découvrir vos travaux et partager la réflexion que vous avez menée autour de la Shoah. Cette action est un des 3 volets du travail de mémoire que nous proposons dans le cadre de notre programme d’actions éducatives, programme élaboré en accord avec le rectorat et en lien avec la DRAAF, volet auquel nous sommes particulièrement attachés.

« N’oubliez pas que cela fut. Non, ne l’oubliez pas. Gravez ces mots dans votre coeur. Pensez-y chez vous, dans la rue, en vous couchant, en vous levant. Répétez-le à vos enfants ». Tel était le mot d’ordre de Primo Levi.

La transmission de la mémoire nous concerne tous au-delà de nos identités particulières, elle relève de l’universel, transmettre pour éviter que cela se reproduise. Nous ne devons pas oublier la réalité que fut la déportation : une réalité humaine presque masquée par l’immensité des chiffres : 11 millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Qu’ils aient été résistants, communistes, démocrates, juifs, tziganes, homosexuels, handicapés, tous furent tués dans les camps de concentration ou d'extermination nazis, ils sont tous les victimes du nazisme et d’une barbarie sans nom. Nous ne devons pas oublier la réalité que fut Auschwitz : la dernière étape d’un génocide pensé et planifié dans ses moindres détails de 6 millions de Juifs d’Europe.

L’actualité montre l’impérieuse nécessité d’entretenir la connaissance et le souvenir auprès des jeunes. Je tiens ici à avoir une pensée pour les victimes de l’attentat odieux qui a eu lieu il y a quelques jours en Belgique.

L’actualité nous oblige à encore plus de vigilance, nous ne devons pas céder devant le retour des idéologies de la haine et de la barbarie. Par ces temps de banalisation des national-populismes en Europe, avec la progression des extrêmes à chaque scrutin électoral, notre responsabilité est collective.

Dans le cadre de notre responsabilité éducative et forts de nos convictions, nous souhaitons encourager toutes les initiatives permettant de mieux se souvenir de la souffrance de ces femmes et ces hommes et le vivre ensemble.

La mémoire est entretenue depuis de nombreuses années par celles et ceux qui ont connu ces évènements tragiques. Je tiens à remercier Mme Ginette Kolinka de sa présence parmi nous en cette journée de restitution, je lui en suis infiniment reconnaissante. Merci à vous Ginette qui êtes un exemple de courage pour nous tous, vous qui comme l’écrivent les élèves du lycée Galilée de Guérande « qui resterez définitivement collée dans nos petits cœurs comme un aimant ».

Mes remerciements vont également à Mr TRIMBUR, chargé de mission à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, qui nous fait l’honneur d’assister à notre restitution. Je n’oublie pas Mrs LALIEU et ORJEK, représentants du Mémorial, partenaires précieux pour notre action éducative et je ne doute pas que vous vous joindrez à mes remerciements étant donné la qualité de leur accompagnement.

Je tiens à remercier Mr CHEVALIER, maire de Beapréau et Mr BAUMARD, adjoint à la culture, pour leur présence et la mise à disposition de ce magnifique lieu qui nous permet de valoriser votre travail.

Je voudrais naturellement remercier les enseignants qui vous accompagnent, le Rectorat qui co-construit avec nous le Programme d’actions éducatives et le fait vivre dans les établissements, vous lycéens et apprentis qui vous êtes investis pleinement dans les projets qui vont nous être présentés.

La Région des Pays de la Loire et ses élus, mes collègues Mme PRINET et Mr RAMPONI ici présents ne me démentiront pas, ont pleinement confiance en la jeunesse ligérienne pour écrire un avenir fort de fraternité et de tolérance.

Je voudrais conclure mon propos en citant Antonio Gramsci, théoricien politique italien, qui écrivait en 1917 : « Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen et prendre parti. L’indifférence, c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents ».

Merci de votre attention.

Restitution action éducative "Devoir de mémoire : Shoah" le 28 mai 2014

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