"Assistants sexuels pour les handicapés ne peut être un métier comme les autres" Laurence COHEN

Publié le par veronique mahe

Le conseil général de l’Essonne  prévoit, dans le cadre de son schéma départemental en faveur des personnes handicapées, qui devrait être adopté le 25 mars prochain, une fiche-action intitulée « Promouvoir les réflexions et les actions en faveur de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap ». Il s'agit plus particulièrement d'une action visant à engager un débat/une réflexion sur le statut de l’assistant sexuel, sans doute une première en France.

Réflexion ou expérimentation, le PCF s'y oppose.
On se place sur un terrain affectif, celui des bons sentiments. Comment ne pas secourir des personnes aux lourds handicaps jusqu’au plus intime de leur personne ? On parle ici de la satisfaction à tout prix du désir, voire même du désir supposé de la personne handicapée, du droit au plaisir pour tous et toutes sans penser aux conséquences de cette demande auprès de celles et ceux qui devront assouvir ces désirs.
N’est-ce pas  une façon de se donner bonne conscience dans une société où le droit à la différence est rejeté, où le regard de l’autre est si blessant, où le droit à la mobilité pour toutes et tous, celui du vivre ensemble sans discriminations,  n’existent pas.

Assistant sexuel ou plus majoritairement assistante sexuelle, ne peut être un métier comme un autre. Ne serait-ce pas plutôt une façon bien hypocrite d’encourager, de légaliser une forme de prostitution, de marchandisation des corps ?
Abolitionniste en ce qui concerne la prostitution, je ne suis pas favorable, comme l’ensemble de la commission que j’anime, à la création d’assistant-e sexuel-le.
Il me semble que la priorité est de donner des moyens financiers et humains aux personnes handicapées pour qu’elles puissent vivre dans la cité dans les meilleurs conditions possibles, qu’elles ne soient pas livrées à elles-mêmes et que les structures adaptées à la nature de leur handicap  soient ouvertes sur l’ensemble du territoire.
Il faut réfléchir en termes d’éducation, de formation, d’activités professionnelles, de vie sociale, pour que Valides et Handicapés vivent ensemble dans le respect et la dignité.
Ce sont des choix que, pour sa part, le PCF défend et porte depuis de nombreuses années.

Laurence Cohen, Responsable de la commission « Droits des femmes/ Féminisme » du PCF, Sénatrice,

Paris, le 22 mars 2013.

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