Féministe, ce n’est pas tant le « mariage pour tous » que je défends, c’est « l’égalité pour tous »

Publié le par veronique mahe

Djeneba Keita (conseillère régionale PCF) dans l'Humanité :

Le mariage, cette si belle institution patriarcale,magnifié au XIXe siècleet inscrit dans notre sacro-saint Code civil… Pourquoi s’attardersur cette construction sociale qui valorise le couple au détriment de l’individu ? Pourquoi privilégierun système aux yeux duquel certain-e-s citoyen-ne-s sont marginalisés, pire, privés de droits ? Féministe, ce n’est pas tant le « mariage pour toutes et tous » que je revendique, c’est « l’égalité pour toutes et tous ». C’est au nomde l’égalité, valeur fondatricede notre République, proclamée partout et si peu appliquée, que j’affirme que chaque citoyen-n-e doit bénéficier des mêmes droits, notamment celui de se mariers’il le souhaite. C’est au nom de l’égalité que la filiation doit être ainsi reconnue, que l’adoption doit être un droit pour toutes et tous. C’est encore en son nom que la procréation médicalement assistée doit être possible pour toutes les femmes. De quoi a-t-on peur ? D’un effondrement de la société ? Allons, soyons réalistes et regardons au-delà de nos frontières ! De découvrir à quel point notre société est inégalitaire ? C’est plus vraisemblable ! Et que celles et ceux qui se prétendent porte-parole des enfants leur laissent vraiment la parole. Car il est évident que les détracteurs du « mariage pour toutes et tous » se cachent derrière cette question pour dissimuler leurs positions homophobes. Écoutons ces enfants élevés dans des familles homoparentales ! Ils ne sont pas moins forts, pas moins faibles que les autres. Aspirant seulement à grandir dans un monde sans haine et sans ignorance. Un monde qui leur renvoie pourtant chaque jour intolérance, homophobie et lesbophobie. Le « mariage pour toutes et tous » est un beau symbole. Il doit marquer une première étape dans un processus politique global de lutte contre les discriminations de genre, qui permettra à chacun-e de s’épanouir sans le poids des normes sexistes et hétérosexistes.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article