Introduction Comité de section PCF Brière (25/09/2012)

Publié le par veronique mahe

Les élèves ont fait leur rentrée scolaire. « Soulagement et espoir » c’est ainsi que Laurent Tramoni, syndicaliste SNES-FSU,  décrivait l’état d’esprit des enseignants en cette rentrée 2012 dans l’Humanité.

Cela pourrait être celui d’une majorité de nos concitoyens, soulagement de ne plus avoir cet insupportable Président des riches, dont il ne faut pas oublier trop vite la politique, les choix, le méticuleux démantèlement du modèle social français qu’il a mis en œuvre ces dernières années.

Ce rappel n’a pas pour objectif de vous faire mieux apprécier François Hollande, mais pour souligner que les conditions peuvent aujourd’hui être meilleures pour construire une politique de gauche, plus qu’il n’y a 6 mois.

Pourtant, aujourd’hui, tout reste à construire, car malgré une gauche omniprésente à tous les niveaux de pouvoir politique, des grandes villes, des départements, des Régions, de l’Assemblée Nationale au Sénat jusqu’à la présidence de la République, la finance continue sa dictature insolente et dangereuse.

Le candidat François Hollande l’affirmait le 22 janvier dernier « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne, cet adversaire c’est le monde de la finance » Alors, comme vous le conseillait Pierre Laurent lors de son discours de la Fête de l’Huma, « Mr le président Hollande écoutez le candidat François. ». Il n’est pas admissible de tourner le dos au changement et de capituler avant même d’avoir essayé sous prétexte que le rapport de force n’y est pas au plan européen.

Ce traité va graver dans le marbre les politiques d’austérité à l’échelle de l’ensemble de l’Union européenne, à l’instar de ce qui est déjà appliqué en Grèce et le sera demain à l’Italie, l’Allemagne, le Portugal. Il impactera aussi les collectivités locales dont les budgets sont déjà mis à mal. En incluant l’adoption de l’emblématique règle d’or, qui interdit aux Etats de présenter des budgets avec des déficits publics supérieurs à 0,5% de leur Produit Intérieur Brut, ce traité condamne la France à un régime d’austérité durable et aura des conséquences dramatiques sur la vie quotidienne de nos concitoyens. Cela va se traduire par moins de services publics, moins d’hôpitaux, moins d’écoles, moins d’investissements. Nous nous y refusons.

On sait où nous conduisent ces orientations, à l’abstention, au désintérêt pour la politique et tout cela au profit d’une droite et d’une extrême droite qui se renforcent chaque fois plus en influence et en démesure.

Il n’est pas acceptable de décider de l’avenir des peuples sans les peuples. André Chassaigne a raison lorsqu’il déclare dans une interview « la démocratie, c’est le pouvoir du peuple. Elle ne se réduit pas à la délégation de pouvoir ». Les Françaises et les Français ont voté en majorité en faveur du changement, il est plus qu’urgent de mettre en œuvre une politique dite de changement en donnant la parole au peuple. Le référendum est donc un acte salutaire pour que les citoyens gardent leur souveraineté. Des possibilités existent de gagner cette consultation quand on sait que 72% des Français souhaitent être consultés,  que le débat à l’Université du PS a été houleux et quand on connaît le vote EELV.

Le 30 septembre prochain de la Nation à la Place d’Italie, nous pouvons mobiliser largement pour exiger et obtenir un référendum. Oui cette campagne nous la menons pour la gagner au nom même de l’engagement de François Hollande de renégocier ce texte, au nom de notre volonté de réussir le changement.

Pierre Laurent a été très clair : « nous ne sommes pas des opposants. Les querelles politiciennes, les tractations, les bisbilles, tout cela n’est que détail, car, après 10 ans de droite, l’heure vient de sonner des responsabilités, de la France, de l’avenir de notre continent et de notre union ». Le ton est à l’offensive car dans le contexte actuel, il serait stérile d’adopter une position d’attente, ne faisant que critiquer au risque de ne pas être entendu et compris. Attendre qu’un échec du PS et EELV nous profite naturellement. Comme le dit Pierre, nous sommes des bâtisseurs et notre démarche est de rassembler et permettre une mobilisation importante des citoyennes et citoyens. Le Front de Gauche doit être une force de propositions pour influer sur la politique gouvernementale, pour répondre aux attentes de ceux qui sont privés d’emploi ou de logement, ceux qui se serrent un peu plus la ceinture chaque mois. Si les propositions de la majorité vont dans le bons sens, nous devons les soutenir, mais dans le cas contraire, nous devons nous y opposer en nous appuyant sur nos propositions et sur la volonté de changement qui s’est exprimée.

La période qui s’ouvre avant notre congrès en février 2013 va être une période d’échanges, de réflexion et d’espoir. Ce congrès doit nous permettre de dire mieux encore ce que nous voulons. Face à cette crise profonde, face à la misère, la détresse, il y a besoin plus que jamais de communisme. Il y a besoin d’humain.

Pierre nous annonce un « congrès rock’nroll ». Lors du dernier conseil national (13 septembre 2012), Patrice Bessac nous propose que le Congrès soit « une révolution dans l’ordre de notre pensée et de nos pratiques pour répondre à la guerre sociale que livre le capital aux peuples et qu’il réponde à une seule question : comment être utile au peuple, à la France, à l’Europe, à l’humanité ? »

Ce qui nous est proposé c’est de ne pas nous reposer dans la molle satisfaction des quelques réussites électorales enregistrées par notre stratégie de rassemblement le FDG et notre Parti, mais au contraire d’accélérer.

Aujourd’hui, nous sommes face à nos responsabilités et un choix entre l’attente d’un pouvoir futur ou la volonté d’inverser la situation. Comment être utiles ?

La question qui nous est posée est celle d’un nouveau Front Populaire car les forces disponibles pour une nouvelle politique ne nous rejoindront pas par un accord politique mais par une démarche de travail, d’action et de luttes. Le FDG doit également entrer en débat avec les autres forces de gauche, sauf si nous estimons une bonne fois pour toutes, que nous sommes la solution et eux le problème. Pouvons nous ignorer la décision des Verts de voter contre le traité ? Pouvons nous ignorer qu’au moins 1/3 des socialistes sont opposés au traité ?

Le FDG doit continuer à être un mouvement de rassemblement.

Alors rock’nroll ou révolution, il est une chose qui est certaine, notre congrès sera un lieu qui installe un nouveau récit pour le Parti Communiste Français ancré dans l’avenir.

Je voudrais terminer mon intervention en vous lisant la fin du rapport introductif de Patrice lors du dernier conseil national :

« Quand je vois à l’université d’été des universitaires ou des journalistes ouvrir grands les yeux et découvrir la réalité, l’ouverture, la jeunesse du Parti communiste français, j’ai des envies criminelles qui montent. Pas contre eux, contre moi, contre nous. Ce n’est pas possible de continuer à se trimballer un tas de préjugés, de vieilleries sur notre compte : il faut faire éclater notre réalité nouvelle, notre mouvement, notre puissance pacifique au service de l’intérêt général. Il faut que Pierre Laurent fasse une dizaine de grands meetings consacrés au Congrès et à la situation du pays et du monde. Il faut que chaque journaliste qui écrira sur le PCF soit confronté pendant le Congrès à 400 de nos nouveaux adhérents. Il faut reprendre le drapeau de la France, des ouvriers et dans le même temps faire un grand congrès international de liaisons avec les mouvements politiques et sociaux des différents continents. Il faut faire éclater l’existence d’une organisation politique européenne, le PGE, il faut des signes, tangibles et pas bling-bling d’une nouvelle alliance avec quelques-uns des grands penseurs de ce pays. Il faut un grand congrès de la fierté communiste, des valeurs et un congrès de décisions qui balaie les petits calculs de petites boutiques et de petits pouvoirs pour créer une dynamique renouvelée au Front de gauche et au Parti communiste français. Il faut que la vie bruyante et généreuse se fraye un chemin. »

 

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