Rentrée 2012 : des progrès… qui en exigent d’autres (tribune libre 07/09/2012)

Publié le par veronique mahe

Les mesures pour l’école ont été parmi les premières annonces du gouvernement. En cette rentrée 2012, un « plan d’urgence » accorde 6 000 postes dans le second degré et 1 000 autres dans le premier degré. Au concours 2013, 22 100 postes seront ouverts dont 9 000 seront réservés au primaire.

C’est un premier pas mais c’est encore insuffisant. Ce d’autant que nous sortons d’une longue période de casse systématique de l’école républicaine. La situation est désastreuse, après l’application de la loi Fillon de 2005, et 5 ans de sarkozysme dont la logique comptable de non-remplacement d’un départ en retraite sur deux a coûté près de 80 000 postes à l’Education Nationale.

Notre école est une des plus inégalitaires qui soient avec un rapport très fort entre échec scolaire et origine sociale. Les premières étapes de la scolarité étant décisives, la question des moyens pour les maternelles et primaires est essentielle. 30 000 postes sur les 60 000 promis sur la mandature dès la rentrée 2013, serait le minimum pour permettre la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, lutter contre l’échec scolaire, aider les directeurs d’école, accompagner correctement les élèves en situation de handicap, ouvrir des classes pour faire baisser les effectifs…

Les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) connaissent également une situation dramatique. Il est impératif de recréer les 2500 postes supprimés cette année en proposant aux enseignants mutés sur des postes ordinaires de réintégrer leur poste dans les équipes RASED et en recrutant les jeunes qui attendent sur liste complémentaire.

La relance de la formation des enseignants est une véritable nécessité. Enseigner est un métier qui s’apprend, il faut non seulement assurer une solide formation initiale mais aussi permettre l’accès à une formation continue digne de ce nom. L’inquiétude est réelle sur les contrats d’avenir « professeurs » destinés à l’éducation nationale. En effet, ce type d’emploi risque de dissimuler de nouvelles attaques contre le statut des enseignants en créant de « quasi-enseignants » précaires, peu formés et mal payés.

Bien sûr, le chantier est considérable, mais l’école ne peut plus être l’otage des politiques d’austérité, cela représente un impératif si on veut réellement faire bouger les choses. La promesse d'une nouvelle loi d'orientation crée beaucoup d'attentes. Celle-ci doit réaffirmer très vite le principe de la même ambition éducative pour tous. Elle doit poser entre autres la question d’une vraie gratuité scolaire et, par là-même des moyens accordés aux collectivités territoriales.

Véronique Mahé - Conseillère Régionale - 1ère Vice Présidente de la Commission Education et Apprentissage

 

 

 
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