Stratégie des Pays de la Loire pour 2040 - intervention au nom du groupe communiste - session du 8/11/2013

Publié le par veronique mahe

Monsieur le Président, Cher(e)s collègues,

 

Plus de 7 000 personnes mobilisées sur cet exercice prospectif. Nous saluons l’implication de nos concitoyens, dont un millier de lycéens et apprentis, et  le travail des agents régionaux, pour aboutir à ce qui est soumis à notre vote aujourd’hui.

 

Les enjeux sont de taille, ils méritent tout notre intérêt, ils nous invitent à être modestes et ambitieux à la fois.

 

Des enjeux importants, puisque 900 000 habitants de plus annoncés d’ici 2040, ce n’est pas rien. Nous partageons ce que disait le CESER dans son travail de novembre 2012 : cette dynamique démographique est une chance pour nos territoires, si nous savons infléchir nos politiques par anticipation pour préserver et développer les nombreux atouts de la région en termes de qualité du cadre de vie. Et notre région n’échappera pas au vieillissement de la population, ni au défi climatique.

Cela nous donne des responsabilités supplémentaires en matière d’aménagement équilibré de notre territoire, afin que le développement d’un résidentiel urbain et côtier ne vienne pas obérer les besoins de développement économique ou la satisfaction du droit au logement pour tous. Nous devons mobiliser tous nos outils pour agir sur le prix du foncier, inciter à densifier et améliorer l’habitat, tout en permettant le développement et l’implantation d’activités utiles, écoresponsables et créatrices d’emploi.

Dans ce cadre, nous partageons l’ambition pointée de développer le Grand Port Maritime, et nous allons plus loin : il faut non seulement qu’il ait les moyens de le faire de Nantes et St Nazaire, mais aussi explorer à nouveau les possibilités d’utiliser plus nos voies navigables, à commencer par la Loire.

 

Nous sommes dans une démarche prospective, et non prédictive, et le texte le souligne à juste raison. Il nous faut donc savoir rester modestes et adaptables. Tout exercice a ses limites, il faut être conscient que nous essayons de regarder 2040 avec les yeux de 2013.

 

Pour exemple, quand les électeurs nous ont confié la gestion de la Région en 2004, qui pouvait imaginer l’ampleur de la crise de 2008 et ses conséquences en cascade sur l’ensemble de la planète ? Nous-mêmes, communistes, qui alertons depuis longtemps sur la dérive financière de l’économie capitaliste mondialisée, ne pouvions donner de date ou décrire précisément ce qui s’est alors déroulé.

Notre région a réagi avec ses moyens et adopté alors le plan anti-crise de 2009, et elle a bien fait ! Dans cette période difficile, où en serions-nous sans cette intervention volontariste ? Cela signifie que notre exercice de ce jour doit intégrer la nécessité que le texte présent est appelé à évoluer, s’adapter à tout moment.

 

D’ailleurs, il ne prétend pas à l’exhaustivité. Comme il est écrit page 23, « les contributions ont peu porté sur les questions de développement économique et industriel ». Sans doute, qu’ils soient salariés, privés d’emploi ou entrepreneurs, nos concitoyens ont tellement de difficultés à voir leur avenir professionnel immédiat, qu’il leur est compliqué de se projeter dans 30 ans.

 

De fait, le texte manque d’ambition sur ce que pourrait être, devrait être, le travail dans 30 ans. Bien sûr il accorde beaucoup d’importance à « l’entreprise », « l’emploi », mais n’évoque que des « ressources humaines », au sens gestionnaire du terme. De notre point de vue, c’est un aspect qui reste à enrichir, avec nos concitoyens : Quelle finalité du travail ? Quel contenu ? Quelle place des salariés dans les processus de décision ? Est-il envisageable que l’être humain s’épanouisse au travail ?

 

Le texte pointe les difficultés de recrutement dans certains secteurs. N’est-ce qu’un problème d’image ou « d’appétence » pour certains métiers ? N’y-a-t-il pas un lien direct avec la façon dont les salariés sont traités, considérés ?

 

Quand on évoque « l’apprentissage » pour 2040, n’y a-t-il pas de nombreuses questions à soulever, tout un travail à réaliser en y associant les jeunes, pour parvenir à un vrai statut de l’apprenti ?

N’y a-t-il pas besoin de privilégier le travail avec l’Education Nationale, pour permettre de ne pas réduire la formation de ces jeunes à un métier unique, avec tout ce que cela induit de difficultés pour un changement d’orientation ?

 

Sur les rapports de l’être humain au travail, nous saluons le travail lancé début octobre sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises, et en attendons qu’il soit un véritable complément au texte présent. Du degré d’implication des principaux concernés, à savoir les salariés et leurs représentants, dépendra la portée de cette démarche. Nous souhaitons que ce travail régional contribue notamment, à ce que les salariés aient plus de droits d’intervention dans les entreprises.

 

 

Le document affiche notre ambition de rester une région industrielle de premier plan. Nous apprécions dans ce cadre, la volonté de « consolider le socle productif régional », tout en innovant. En effet, les industries du futur, ne sont pas uniquement celles qui restent à inventer.

 

Innovation, recherche et développement, invention, écologie :

Oui, cela concerne la création de nouvelles filières comme celle des Energies Marines Renouvelables, pour ne prendre que cet exemple.

Cela concerne aussi nombre d’industries déjà existantes sur nos territoires :

  • L’aéronautique, dont le plan de charge envié de tous ne nous dispense pas d’être vigilants sur les choix des actionnaires d’EADS, surtout depuis la modification de son actionnariat et le poids amoindri des Etats dans les décisions.

 

  • La Navale, bien sûr, où il faut assurer par tout moyen le maintien des chantiers à St Nazaire, leur diversification en matière de construction navale dans le présent et pour le futur. Et nous pensons qu’il y a de quoi développer toute une filière autour de ces chantiers et leurs sous-traitants, allant de la conception et construction de tout type de navires à leur déconstruction et recyclage.

 

  • L’acier : ce qui se passe à Arcelor actuellement est inadmissible d’un point de vue industriel, social et environnemental. Nous avons à Basse Indre un outil de production et de savoir-faire uniques en France, sacrifié sur l’autel des intérêts financiers de Monsieur Mittal. Le plan, accepté par le gouvernement se traduit à terme par un abandon total de notre pays en matière de production d’acier, et se traduit aujourd’hui par un scandale écologique, puisque Basse Indre est approvisionné par camions depuis Florange, de ce qu’ils fabriquaient in situ.

 

  • Idem pour ce qu’il reste de la fabrication de l’électroménager en France, avec les usines Fagor Brandt…
  • L’agro-alimentaire, qui doit jouer un rôle essentiel, non seulement dans la qualité de notre alimentation, mais aussi dans l’économie de proximité et les circuits courts…

 

Toutes ces activités existent aujourd’hui. Elles ont une utilité essentielle et un avenir qu’il nous faut soutenir et défendre !

 

Sur la manière de procéder, nous apprécions la façon dont le Ceser avait engagé son travail en 2012, en croisant son propre regard avec les 47 Conseils de développement des Pays de la Loire. Notre région doit aussi mener son travail en confrontation, corrélation et cohérence avec le même type de travail mené par beaucoup d’institutions actuellement. C’est le cas de la DATAR, et de nombreuses villes dont Nantes et St Nazaire, pour ne citer qu’elles. Sans se démettre de notre responsabilité à anticiper et se projeter, nous devons nous confronter à ces travaux qui irriguent nos territoires.

 

Enfin, nous partageons pleinement l’idée contenue dans la conclusion selon laquelle, la démocratie est la première des richesses à partager, et l’évolution nécessaire des processus d’élaboration des politiques publiques, ainsi que des modes de gouvernance dans toutes les organisations, y compris les entreprises.

 

Je vous remercie de votre attention.

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