STX : le « non » des syndicats sur la compétitivité

Publié le par veronique mahe

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La dixième et dernière réunion sur le projet d'accord sur la compétitivité qui s'est tenue jeudi matin a été expéditive. La dernière avait eu lieu le 17 juillet dernier, avant les vacances estivales, mais une petite demi-heure seulement a été nécessaire avant que les représentants syndicaux des chantiers STX n'effectuent leur sortie.

La direction voulait que toutes les organisations représentatives se positionnent définitivement sur ce projet. FO et la CGT avaient déjà fait part de leur refus catégorique de signer l'accord présenté. Il restait à la CFDT de se prononcer. Celle-ci a également décidé de rejeter le projet, estimant qu'elle « ne peut engager sa signature sur un tel accord qui est trop déséquilibré. »

« Nous avons toujours dit que nous donnerions notre position avant les élections professionnelles du 17 octobre », explique Christophe Morel, délégué CFDT aux chantiers STX. « Sur chaque point, nous avons fait des contre-propositions. Si elles avaient été acceptées par la direction, notre position aurait été différente. Là, nous sommes arrivés au bout des négociations et nous considérons qu'il n'est pas possible de signer le texte. Nous sommes revenus à la case départ. C'est comme s'il ne s'était rien passé. »

« On arrivait à un moment où l'on avait tout dit », confirme François Janvier, délégué CFE-CGC, qui a également refusé de signer le projet d'accord dans le sillage de la CFDT. Parmi les points d'achoppement entre syndicats et direction, il y avait l'augmentation du temps de travail avec 20 minutes supplémentaires par jour, ce qui équivaut à une baisse du taux horaire de 5 %. Il y avait aussi l'annualisation du temps de travail en fonction de l'activité, la durée hebdomadaire de travail pouvant osciller légalement entre 0 et 48 heures par semaine.

« La balle est dans le camp de la direction »

Face aux 300 salariés qui s'étaient réunis devant la porte 4 des chantiers navals, au rond-point de Penhoët, le délégué CGT Joël Cadoret s'est félicité du choix de la CFDT : « Cette fois, c'est plié : l'accord est mort. On peut parler de victoire. Ou du moins de première victoire, car on va rester attentif. »

Selon François Janvier, « la balle est désormais dans le camp de la direction alors que la question de la compétitivité reste entière. » Jeudi, celle-ci s'est refusée à tout commentaire. Lors de la réunion du 17 juillet, Christophe Mabit, directeur des ressources humaines chez STX, avait évoqué une possibilité : « Si on n'aboutit pas à un accord sur la compétitivité, nous irons vers un possible recours à la dénonciation de l'accord ARTP existant depuis 1999. » De nouvelles négociations qui se dérouleraient en pleine fabrication du paquebot Oasis.

Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée FO, s'interroge : « Est-il raisonnable d'engager de nouvelles, et forcément difficiles, négociations sur le temps de travail durant ces périodes de fortes charges ? » A la direction de trancher.

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