Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de Véronique Mahé

FAIRE DES TERRITOIRES RURAUX DES MOTEURS DU RENOUVEAU (publié dans CommunisteS - avril 2026)

29 Avril 2026, 18:15pm

Publié par Véronique Mahé

FAIRE DES TERRITOIRES RURAUX DES MOTEURS DU RENOUVEAU (publié dans CommunisteS - avril 2026)

Invitée par les camarades de Perquie, dans les Landes, pour leur fête de section sur le thème « Agriculture, renouveau industriel et transition écologique », j’ai pu échanger avec elles et eux sur ce que révèle aujourd’hui la réalité des territoires ruraux de l’état du pays et des possibles pour la gauche.

La discussion a rappelé que la ruralité n’est ni une carte postale ni un décor figé, mais un espace de vie, de production, de solidarité et d’innovation, traversé par de profondes colères et de fortes attentes. Audelà du plaisir de se retrouver, beaucoup avaient envie de mettre des mots sur ce qu’ils vivent au quotidien dans leurs communes rurales, mais aussi sur ce qu’ils attendent de la gauche et de notre congrès.

Très vite, les prises de parole ont fait apparaître un même sentiment : celui d’être utiles au pays et pourtant de plus en plus oubliés. On travaille, on produit, on fait vivre des villages entiers, et dans le même temps les services publics reculent, les emplois se raréfient, les budgets des collectivités sont serrés au point de remettre en cause des projets essentiels. Ce décalage nourrit un profond sentiment d’injustice.

Les camarades ont raconté ce que cela signifie : des élus qui se battent pour garder une classe ou un service de santé, des paysans pris en étau entre la sécheresse, la pression sur les prix et l’incertitude sur la transmission, des habitants sommés de fournir des efforts au nom de l’écologie alors qu’ils n’ont ni transports ni services de proximité. À Perquie comme ailleurs, personne ne se résigne, mais chacun voit bien que la richesse produite localement revient trop peu au territoire.

Au fil de la discussion, une idée s’est imposée : on ne peut pas comprendre ni transformer la ruralité en traitant séparément agriculture, industrie, services publics et écologie, mais en les abordant comme un tout cohérent. Quand une commune soutient des circuits courts pour la restauration scolaire, quand elle se bat pour garder une école, une gare ou un centre de santé, elle ne fait pas de la gestion au coup par coup ; elle construit une autre logique de développement, au service des habitants et du monde du travail. C’est ce fil rouge qui a traversé les interventions.

La question politique est venue naturellement. Comment s’étonner de la progression de l’extrême droite quand le quotidien rime avec déclassement, invisibilisation et sentiment de ne plus compter ? Plusieurs camarades l’ont dit avec force : si la gauche s’est trop souvent éloignée des campagnes, rien n’est irréversible. À condition de revenir durablement sur le terrain, par le travail militant, la présence dans les luttes et des propositions lisibles sur l’emploi, les salaires, les services publics et la transition écologique.

C’est aussi de cela qu’il a été question en parlant du congrès : comment faire du PCF un outil plus utile encore à celles et ceux qui vivent et travaillent dans les territoires ruraux.

De cette journée à Perquie, je garde la chaleur de l’accueil et la richesse des échanges, à l’image d’une ruralité loin des clichés, combative et lucide, qui refuse d’être traitée comme une variable d’ajustement, et qui peut devenir un des moteurs du renouveau social et démocratique de notre pays.

Véronique Mahé

Commenter cet article