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Le blog de Véronique Mahé

Commémoration de la Journée de la Résistance - 27 mai 20226

29 Mai 2026, 09:28am

Publié par Véronique Mahé

Commémoration de la Journée de la Résistance - 27 mai 20226
Commémoration de la Journée de la Résistance - 27 mai 20226
Commémoration de la Journée de la Résistance - 27 mai 20226

À l’occasion de la Journée nationale de la Résistance, nous avons tenu, avec plusieurs camarades, à être présent·es pour saluer l’esprit de la Résistance et affirmer la continuité de cet engagement aujourd’hui. Le 27 mai à Trignac, puis lors de la cérémonie à Saint-Nazaire, nous étions aux côtés du Comité de la Résistance et du Souvenir de Loire-Atlantique, pour rendre hommage à celles et ceux qui ont refusé la barbarie, défendu la liberté et porté haut les valeurs de justice et de dignité humaine.

Ci-dessous, mon intervention au nom du Parti Communiste Français rappelant  que la mémoire de la Résistance n’appartient pas au passé et que nous devons faire vivre, au-delà des commémorations, l’héritage des résistantes et des résistants.

"Mesdames et Messieurs les élu·es,
Cher·es camarades, cher·es ami·es,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer la Journée nationale de la Résistance, en souvenir de la première réunion du Conseil national de la Résistance en 1943, sous l’impulsion de Jean Moulin.

Cette journée nous rappelle que la Résistance, ce n’était pas seulement un combat contre l’occupation nazie, mais aussi un véritable projet de société.

La Résistance, ce sont des femmes et des hommes, souvent très jeunes, qui ont refusé la défaite, la collaboration et la barbarie.
Ils ont risqué leur liberté et leur vie pour la dignité humaine, pour la République.

De ce combat sont nés de grands acquis : la Sécurité sociale, les services publics, les droits syndicaux, et l’idée qu’après la nuit fasciste, la France devait se relever par plus de justice sociale. Nous ne sommes pas ici pour entretenir une mémoire figée. Les valeurs de la Résistance parlent directement à notre présent.

Le CNR voulait « un ordre social plus juste », une économie au service de l’être humain.

Aujourd’hui, cet héritage est mis à mal par les politiques d’austérité, la casse des services publics, l’explosion des inégalités.

Nous commémorons la Résistance alors que l’extrême droite progresse dangereusement, chez nous, en Europe et dans le monde. Là où elle gouverne, les droits des étrangers, des femmes, des minorités, les libertés publiques, sont attaqués.

La montée de l’extrême droite, ce ne sont pas des chiffres dans des sondages : ce sont des vies abîmées, des droits arrachés, des libertés qui reculent.

Cette progression ne tombe pas du ciel. Elle naît de la colère, du sentiment d’abandon, de la précarité, de cette impression que l’avenir se ferme. Au lieu de répondre par plus de justice, les pouvoirs en place serrent la vis, et l’extrême droite en profite : elle pointe du doigt les étrangers, les plus pauvres, le mouvement social, pour mieux préserver les privilèges des puissants.

Cette montée de l’extrême droite intervient dans un monde traversé par de multiples conflits, notamment en Ukraine et au Proche-Orient, où les peuples paient un prix terrible. Dans ce contexte, les forces nationalistes et autoritaires glorifient la force, la course aux armements, la fermeture des frontières, plutôt que la coopération et la paix. Elles attisent les haines nationales et religieuses, au lieu de défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de vivre en paix. .

Au nom du Parti communiste français, nous affirmons que l’héritage de la Résistance nous engage aujourd’hui. Dans notre région comme partout en France, de nombreux résistants étaient communistes, parmi les premiers à organiser la clandestinité, les sabotages, les grèves patriotiques, et à tomber sous les balles nazies. Ils n’ont pas donné leur vie pour une société de chômage, de misère et de haine, mais pour une République sociale, laïque et démocratique.

Des rues portent leurs noms, mais derrière ces plaques il y a des vies de courage, de solidarité, de refus de la soumission.

Être fidèles à cet héritage, ce n’est pas seulement fleurir des monuments. C’est défendre et reconquérir ce que la Résistance a permis de gagner, et ouvrir de nouveaux droits pour toutes et tous.

C’est affirmer que la démocratie ne peut pas se réduire à un bulletin de vote, mais qu’elle doit se vivre au quotidien, dans la société tout entière.

Nous devons refuser la banalisation de l’extrême droite, refuser qu’on la traite comme une force politique « comme les autres ». Les résistants n’ont pas négocié avec le fascisme : ils l’ont combattu. Résister aujourd'hui, c'est dénoncer sans relâche les projets racistes et autoritaires de l'extrême droite, démasquer ses mensonges, et défendre les droits de chacune et chacun..

Cette journée s’adresse à toutes et tous, et particulièrement à la jeunesse.

En 1943, des jeunes ont choisi de ne pas céder à la résignation. Aujourd’hui encore, la jeunesse peut être au cœur des combats pour l’égalité, la paix et la planète. À elle revient une part décisive de la lutte pour que le mot “Résistance” ne soit pas seulement un souvenir, mais une force vivante.

En ce 27 mai, en honorant la mémoire des résistantes et des résistants, nous prenons un engagement : ne jamais laisser les idées de haine, de racisme et d’autoritarisme gouverner notre pays.
Nous nous engageons aussi à faire vivre, dans les luttes d’aujourd’hui, l’exigence de justice, de paix et de dignité.

Permettez-moi de rappeler ces mots de Paul Éluard, compagnon de la Résistance :
« Si je parle, c’est pour vous qui aimez la liberté. »

Aujourd’hui encore, parler, agir, résister, c’est choisir le camp de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Je vous remercie."

 

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