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Le blog de Véronique Mahé

Égalité femmes-hommes : des annonces aux actes, où sont les résultats ?

20 Octobre 2026, 10:06am

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Publié par Véronique Mahé

Égalité femmes-hommes : des annonces aux actes, où sont les résultats ?

Lors de la dernière session du Conseil régional des Pays de la Loire, dans le cadre des débats sur les orientations budgétaires, je suis intervenue sur le rapport consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes. Un enjeu qui mérite mieux qu’un catalogue d’actions : il exige des moyens, des objectifs précis et des résultats mesurables.

Protections périodiques dans les lycées ou l’introduction d’une clause d’égalité dans les marchés publics, elles ne suffisent pas à dessiner une politique ambitieuse. Quels budgets sont mobilisés ? Quels progrès sont réalisés ? Quels effets concrets pour les femmes de notre région ? 

Dans mon intervention, j’ai pointé les écarts entre les intentions affichées et les chiffres présentés : une place encore trop faible des femmes parmi les bénéficiaires des dispositifs de financement économique, un recul de l’index d’égalité professionnelle de la Région et des inégalités persistantes parmi les personnels des lycées. J’ai également rappelé les conséquences du retrait du soutien régional aux associations qui accueillent et accompagnent les femmes victimes de violences. 

La Région doit prendre toute sa part dans les responsabilités qui sont les siennes : comme employeur, dans les lycées, dans les transports et à travers les politiques qu’elle finance. L’égalité ne peut pas rester une intention : elle doit se traduire dans les choix budgétaires et dans la vie quotidienne. 

Retrouvez ci-dessous mon intervention 

"Madame la Présidente,
Chers collègues,

Cette année, et sans ironie, je voudrais commencer par ce qui est positif. Ce rapport est soigné, il est lisible. Il comporte un plan triennal, une clause d’égalité dans les marchés et met en avant les protections périodiques dans les lycées.

Mais, encore une fois, encore cette année, il relève davantage d’un album de belles images que d’un rapport sur l’égalité. Il n’est toujours pas un tableau de bord ni une stratégie documentée.

Quid, Madame la Présidente, d’un budget ? On le cherche.

Quid d’objectifs chiffrés ? On les cherche.

Quid des effets de toutes ces actions sur l’orientation des filles ? On les cherche encore.

Car il manque un élément majeur pour apprécier l’efficacité de votre politique : les résultats et l’impact concret pour les femmes de notre région.

Et c’est là que le rapport se trouve pris en défaut par lui-même. Parce qu’il y a des tableaux, et  les tableaux ne mentent pas.

En recherche, le rapport conclut à « un nombre croissant de projets de femmes soutenus ». Prenons Pulsar : trente-six lauréates en 2024, dix-huit en 2025. Croissant ? Leur nombre a été divisé par deux.

En entrepreneuriat, on célèbre 54% de femmes parmi les bénéficiaires des PASS. Mais il s’agit d’accompagnement. Dès qu’on parle d’argent, elles disparaissent : 9% pour la garantie de prêt bancaire, 22% pour Pays de la Loire Innovation, 17% dans les entreprises dont la Région prend une participation au capital.

Là où il y a de l’argent, il manque les femmes.

Et pas une seule aide économique n’est conditionnée à l’égalité. La Nouvelle-Aquitaine l’a pourtant fait, dès 2023, pour l’ensemble de ses aides. Pourquoi pas nous ?

Troisième tableau : la Région employeur.

L’index d’égalité professionnelle passe de 80 en 2023 à 74 aujourd’hui. Sous le seuil de 75, deux années de suite.

Le Centre-Val de Loire est à 89. L’Île-de-France à 93.

On me répondra que l’indicateur est imparfait. Soit. Mais les écarts de rémunération, eux, sont sans appel : 1,88% hier, 3,74% aujourd’hui pour les fonctionnaires. Ils ont doublé.

Et le rapport l’explique par une filière technique mieux payée… alors que son propre tableau montre exactement le contraire.

Et puis il y a les lycées. Sept agents de la Région sur dix y travaillent. Les femmes représentent 62% des effectifs, 71% dans l’entretien. Aucune dans la maintenance.

Ce sont elles qui nettoient, qui servent, qui tiennent nos lycées debout. Et c’est là que le plan d’action est le plus mince.

Enfin, il y a les silences.

Dans ces soixante-huit pages, le mot « féminicide » n’apparaît pas. Pas une ligne sur les violences conjugales alors que nous savons que les vagues de canicule successives ont eu pour conséquences l’augmentation des VSS.

Et pourtant, nous vous alertons sans relâche : fragiliser les associations qui accueillent et accompagnent les victimes, c’est prendre le risque de laisser davantage de femmes seules face aux violences.

L’arrêt du soutien de notre collectivité à ces associations n’est pas une simple ligne comptable. Ce sont leurs capacités d’écoute, d’accueil et d’accompagnement que l’on fragilise. Et derrière, ce sont des femmes qui risquent de ne plus trouver l’aide dont elles ont besoin.

Madame la Présidente, ce débat intervient alors que l’Assemblée nationale vient d’adopter, le 13 octobre, en première lecture, la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Ce n’est pas encore une loi en vigueur, mais cette étape porte une ambition : construire une réponse globale aux violences, de la prévention à la protection et à l’accompagnement des victimes.

Cette ambition doit aussi trouver une traduction dans nos territoires.

Nous ne vous demandons pas de vous substituer à la justice ou à l’État. Nous vous demandons de prendre toute votre part, dans les responsabilités qui sont les vôtres : comme employeur, dans les lycées, dans les transports et dans les politiques que notre collectivité finance."

 

 

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